Formation · Rédiger ses demandes

Apprendre à écrire un prompt quand on n'est pas technicien.

« Prompt engineering » : le mot fait peur, et beaucoup de formations le rendent plus compliqué qu'il n'est. Écrire une bonne demande à une IA, c'est surtout savoir briefer, comme on brieferait un nouveau collègue. Voici la méthode, avec des exemples avant/après.

Auteur
Enys Tchenar · intégrateur IA
Publié le
Mis à jour le
Lecture
5 min
Sommaire8 parties
  1. Quels sont les 5 ingrédients d'une bonne demande ?
  2. Des exemples avant / après.
  3. Comment corriger une réponse qui ne va pas ?
  4. Les erreurs les plus courantes.
  5. Faut-il garder ses demandes ?
  6. Comment progresser seul ?
  7. Faut-il une méthode différente selon le métier ?
  8. Questions fréquentes.
En bref
  • Un prompt, c'est un brief : qui vous êtes, la situation, ce que vous voulez, sous quelle forme, avec quelles limites.
  • La méthode tient en 5 ingrédients et ne demande aucune compétence technique.
  • On progresse en corrigeant les réponses plutôt qu'en cherchant la formule parfaite du premier coup.

Pour écrire un bon prompt, il suffit de donner à l'IA ce que vous donneriez à un nouveau collègue : le contexte, l'objectif, le format attendu, un exemple et les limites à respecter. Aucune syntaxe spéciale n'est nécessaire : une demande claire, en français, rédigée en phrases normales, fonctionne mieux qu'une formule magique copiée sur internet.

La documentation d'Anthropic, l'éditeur de Claude, va dans le même sens : être clair et direct, donner du contexte, fournir des exemples. J'enseigne depuis 2021 et j'accompagne des équipes sur Claude : c'est d'abord une compétence de rédaction, pas de technique.

Quels sont les 5 ingrédients d'une bonne demande ?

IngrédientLa question à se poserExemple
1. Le contexteQui suis-je, quelle est la situation ?« Je gère l'accueil d'un cabinet de kinésithérapie de 4 praticiens. »
2. L'objectifQue doit permettre le résultat ?« Je veux réduire les rendez-vous non honorés. »
3. Le formatSous quelle forme, quelle longueur ?« Un SMS de moins de 300 caractères. »
4. L'exempleÀ quoi ressemble un bon résultat ?« Voici un message que nous envoyons déjà et qui plaît aux patients. »
5. Les limitesCe qu'il ne faut pas faire ?« Pas de ton culpabilisant, pas d'emoji, vouvoiement. »

Vous n'avez pas besoin des cinq à chaque fois. Mais quand une réponse vous déçoit, c'est presque toujours l'un d'eux qui manquait.

Des exemples avant / après.

Avant : « Écris un mail pour relancer un client. »

Résultat : un mail générique, trop long, qui pourrait venir de n'importe quelle entreprise.

Après

Je suis gérante d'une petite agence de communication. Un client nous doit 2 400 € depuis 45 jours (facture du 12 septembre, site internet livré et validé). C'est un bon client, je veux garder la relation. Rédige une relance courtoise mais claire, en vouvoiement, de moins de 100 mots, qui rappelle le montant, la date et propose un paiement en deux fois si besoin.

Avant : « Résume ce document. »

Après

Voici le contrat de maintenance que notre fournisseur nous propose. Je dois décider d'ici vendredi si on signe. Liste en 6 points maximum : durée et conditions de résiliation, prix et révisions, ce qui est inclus, ce qui ne l'est pas, les pénalités, et toute clause inhabituelle. Cite l'article concerné à chaque fois.

Le deuxième exemple montre un réflexe utile : demander de citer la source dans le document, pour pouvoir vérifier.

Comment corriger une réponse qui ne va pas ?

Ne recommencez pas tout. Dites précisément ce qui ne va pas, comme vous le feriez avec un collègue :

  • « Trop long : garde seulement le premier et le dernier paragraphe. »
  • « Le ton est trop commercial, nous sommes une association. »
  • « Cette date n'est pas dans le document : n'utilise que celles qui y figurent. »
  • « Propose trois versions, de la plus douce à la plus ferme. »

Deux ou trois échanges de ce type donnent en général un résultat utilisable. C'est plus rapide que de chercher la demande parfaite dès le départ.

Formation en ligne

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Les erreurs les plus courantes.

  • Trop court. Une demande de dix mots donne une réponse passe-partout.
  • Trop de choses à la fois. « Résume, traduis, fais un tableau et propose un plan d'action » : découpez en étapes.
  • Oublier le destinataire. Un mail pour un client, un collègue ou un juge ne s'écrit pas pareil.
  • Copier des prompts tout faits sans les adapter à votre situation.
  • Ne pas relire. Une bonne demande réduit les erreurs, elle ne les supprime pas. Voir les hallucinations de l'IA.

Faut-il garder ses demandes ?

Oui. Dès qu'une demande marche bien, gardez-la dans un document, avec des zones à remplacer : [nom du client], [montant], [date]. En quelques semaines, vous aurez une petite bibliothèque pour vos tâches récurrentes.

Dans Claude, l'étape suivante consiste à installer ces consignes dans un projet ou un skill pour ne plus avoir à les coller. Voir les skills Claude pour l'entreprise.

Comment progresser seul ?

  1. Une tâche réelle par jour, pendant trois semaines.
  2. Notez les ratés et l'ingrédient qui manquait.
  3. Demandez à Claude de vous aider à formuler : « Avant de commencer, pose-moi les questions nécessaires pour bien faire cette tâche. » C'est une excellente façon d'apprendre ce qui manque à vos demandes.
  4. Comparez deux versions d'une même demande, avec et sans exemple.

Une série d'exercices pour s'entraîner est dans 10 exercices pour s'entraîner à Claude.

Faut-il une méthode différente selon le métier ?

Non : les cinq ingrédients sont les mêmes pour une assistante, un artisan, un commercial ou un dirigeant. Ce qui change, c'est le contexte à donner. Un artisan précisera le chantier, les matériaux et le client ; un commercial, l'historique de la relation et l'objectif du rendez-vous ; une assistante, l'organisation de l'équipe et les habitudes de la maison. C'est pourquoi les meilleurs exemples sont toujours ceux tirés de votre propre travail.

Une astuce qui marche partout : gardez dans un document un court paragraphe qui présente votre entreprise, votre rôle et votre ton. Collez-le en tête de vos demandes importantes, ou installez-le dans un projet. Vous ne repartez plus de zéro.

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Questions fréquentes.

Faut-il apprendre un langage spécial pour écrire des prompts ?

Non. Les assistants comme Claude comprennent le français courant. Des repères de structure (titres, listes, balises) peuvent aider sur les demandes longues, mais ils ne sont pas indispensables pour débuter.

Un prompt long est-il meilleur qu'un prompt court ?

Un prompt complet est meilleur qu'un prompt incomplet. La longueur n'est pas un but : il faut le contexte, l'objectif et le format. Trois ou quatre phrases suffisent souvent.

Les prompts qui marchent avec ChatGPT marchent-ils avec Claude ?

En grande partie, oui : les principes sont les mêmes. Les résultats peuvent varier un peu dans le ton ou la longueur, ce qui se règle en précisant le format attendu.

Faut-il une formation pour apprendre à écrire des prompts ?

On peut apprendre seul en pratiquant. Une formation courte fait gagner du temps, surtout grâce aux exemples corrigés et aux modèles adaptés à son métier.

Enys Tchenar, intégrateur IA à Lyon

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